Mot de la présidente


Discours tenu lors du 20e anniversaire de l’ACEF du Sud-Ouest de Montréal, en 2004


Vingt ans, c’est beaucoup et peu à la fois. Beaucoup, lorsque l’on regarde le chemin parcouru depuis de modestes débuts en 1984.



Un peu d’histoire


En 1979, l’ACEF de Montréal est scindée en quatre : Est, Ouest, Nord et Centre. Trois ans plus tard, hélas, des problèmes économiques et idéologiques amènent la fermeture de ce qui était la première ACEF du Sud-Ouest. Ce sera l’ACEF Centre qui desservira le territoire jusqu’en octobre 1984 lors de la mise sur pied de l’actuelle ACEF du Sud-Ouest de Montréal (ACEFSOM)... il y a vingt ans.


Les premières années sont difficiles. L’ACEFSOM dispose de peu de ressources : un tout petit bureau avec un employé et aucun financement stable. Il faut malgré tout répondre à la demande et offrir les services (cours sur le budget et consultations budgétaires) tout en développant l’expertise. Ce n’est qu’en 1988 que l’ACEFSOM obtient un financement récurrent de Centraide. Encore aujourd’hui, Centraide finance une large part du budget de l’ACEFSOM.



Un chemin jalonné de réalisations


Outre des services comme les cours sur le budget ou les consultations budgétaires, l’ACEFSOM a investi des dossiers de consommation, entrepris des actions politiques, mis sur pied une foule d’activités et d’événements sans compter la production prolifique de documents d’information et d’éducation. En voici un bref aperçu...


Le premier véritable dossier de l’ACEFSOM, en 1986, est celui de l’alimentation. À cette occasion, l’ACEF réalise un petit document qui permet d’établir un menu pour une famille de quatre personnes à moins de 100 $ par semaine. Puis, un dossier sur les courtiers en prêt d’argent mènera l’ACEFSOM à intenter un recours collectif contre Arrangements alternatifs de crédit. Cinq ans de travail acharné déboucheront sur un gain de cause des consommateurs dans un jugement de 1,2 millions $. Le dossier des vacances à temps partagé représente pas moins de 500 plaintes et demandes d’information suivies de quelques poursuites. Une collaboration avec l’Office de la protection du consommateur débouchera sur un code d’adhésion volontaire accepté par l’industrie.


Au début des années 1990, avec d’autres ACEF, l’ACEFSOM travaille à documenter le phénomène de la surconsommation. De cet effort, naîtront deux groupes d’entraide pour surconsommateurs (aujourd’hui, un seul groupe dessert le grand Montréal). En 1992, après deux ans de travail et de recherche, l’ACEFSOM présente À quel prix? ou la consommation dans tous ses états, une publication de 80 pages richement documentée, un outil de réflexion qui aborde les multiples facettes de la consommation. Dans la foulée, afin de nourrir la discussion et de soutenir l’animation, l’ACEFSOM, en coproduction avec la CEQ, réalise un vidéo : Faites-vous plaisir, mettant en vedette Pauline Martin et Pierre Powers. Vers le milieu des années 1990, avec plus de dix ans d’existence, c’est le moment de prendre un peu de recul, de réfléchir à ce que fait l’ACEFSOM et surtout à ce qu’elle veut faire dans les années à venir. Une réflexion de fond qui dotera l’ACEFSOM en 1998 d’une nouvelle mission et de nouvelles orientations. De nouveaux dossiers émergent aussi. Ainsi, le dossier Énergie (ou dossier Hydro) s’organise autour de l’accès à l’électricité pour les familles à faible ou très faible revenu et mène à la création d’une table de négociation avec Hydro-Québec. Plus récemment, le dossier Crédit se développe avec sa Campagne d’information et de sensibilisation sur l’utilisation du crédit. On y aborde aussi d’autres aspects comme l’accès facile au crédit, la publicité et surtout la déréglementation en matière de crédit. Dans ce dossier, l’ACEFSOM met sur pied un groupe de consommateurs, le CRAC, qui poursuit la réflexion et organise des actions publiques. Ainsi, en mai 2003, l’événement Art’Action où citoyens consommateurs ont contribué à la réalisation d’une immense fresque picturale autour du thème du crédit.



Des gens engagés


Mais vingt ans d’action en consommation auraient été impossibles sans l’engagement soutenu et dynamique de nombreuses personnes. Les travailleuses et travailleurs d’abord qui, au quotidien, portent, incarnent et développent le cœur de l’ACEFSOM, sa mission. Ce sont des bâtisseurs, des innovateurs, des multiplicateurs qui refusent de baisser les bras. C’est aussi tous les bénévoles, administrateurs et administratrices, supporters qui, par leur énergie, le temps qu’ils donnent, leur paroles et leurs gestes, nourrissent l’ACEFSOM et permettent son rayonnement. Et bien sûr, ce sont aussi les consommateurs et consommatrices qui ont décidé de reprendre le pouvoir qui leur est dû. À tous, nous disons merci, mille mercis.


Vingt ans, c’est aussi fort peu... surtout si l’on regarde ce qu’il reste à faire. Mais, on est encore jeune à vingt ans... Ne reste à souhaiter qu’au moins vingt ans s’ajoutent encore; vingt autres années de dynamisme, d’engagement, de solidarité mais surtout de prévention et d’éducation.


Annie Camus
Présidente du conseil d’administration
Mars 2004